Cinquante ans.

Cinquante années que le Département Médias, Culture et Communication existe dans toute sa joyeuse et singulière diversité, arpenté par d'innombrables étudiant·e·s, chercheur·euse·s et professeur·e·s. À l’occasion du jubilé, plongez dans des histoires et anecdotes racontées par des enseignant·e·s - on peut le dire - emblématiques et rédigées par les étudiant·e·s de Master.

Une introduction rédigée par Maëly Monseur.

 

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Marc-Emmanuel Mélon est Professeur à l’Université de Liège depuis février 1996. Figure phare du département Médias, Culture et Communication, ce véritable passionné de l’image enseigne l’histoire et l’esthétique de la photographie, du cinéma, de la vidéo et des arts visuels. 📷 Shapnam Mougammadou

 

Par un après-midi ensoleillé de mars 2004, une alerte à la bombe retentit à l’université. Les étudiant·e·s sont immédiatement évacué·e·s sur la Place du Vingt-Août, tandis que les professeur·e·s déposent leurs sacs dans un café des alentours. Conscient du temps que les opérations vont prendre, M. Mélon décide de rentrer chez lui. Une demi-heure plus tard, il reçoit un appel : un colis à son nom a été déposé à l’accueil… et les démineurs pensent qu’il s’agit de la bombe à neutraliser ! Pris de panique, plusieurs questions se bousculent dans la tête du professeur, dont une en particulier : s’agit-il du film à projeter au ciné-club ? Un rapide coup de téléphone à la CINEMATEK le confirme : il s’agit bien des bobines dudit film, arrivées en avance sans que M. Mélon n’en ait été informé. Toutefois, les démineurs ne sont pas convaincus et, invoquant la précaution, souhaitent tout de même détruire le colis ! Finalement, de nombreux arguments plus tard, il n’en fut rien. Les membres du Nickelodéon ont pu visionner ce film « rescapé » le jeudi suivant cette mésaventure dont on se souvient encore, 18 ans plus tard.

Une histoire recueillie par Dorine Donati, éditée par Maëly Monseur et publiée par Fanchon Giltay et Fanny Pluymers.

 

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Anne-Marie D'Acchille est secrétaire à l’Université de Liège depuis 1996. Toujours à l'écoute des étudiant·e·s et de ses collègues, elle fait partie de l'équipe administrative assurant le bon fonctionnement du Département Médias, Culture et Communication. 📷 Fanny Pluymers

 

En 1996, la « 8ème Section » de l’Université de Liège quitte ses locaux du Sart-Tilman pour emménager au cœur de la Ville de Liège, parmi ses ardentes institutions culturelles. Presque au même moment, Anne-Marie D’Acchille rejoint l’équipe du Département Médias, Culture et Communication en tant que secrétaire.

À cette époque, tous les espaces alloués au département étaient concentrés au 4ème étage de la Place du 20-Août. Les salles de cours étaient juxtaposées aux bureaux du secrétariat dans une promiscuité entre les étudiant·e·s et les membres du personnel à rendre claustrophobes les plus téméraires d’entre eux. Ainsi, lors des sessions d’examens tant redoutées, Anne-Marie D’Acchille et ses collègues se voyaient contraints de slalomer entre les étudiant·e·s assis·e·s à même le sol, faute de place suffisante. Dans tout ce joyeux capharnaüm, les étudiant·e·s pouvaient toujours compter sur Mme D’Acchille pour leur tendre un morceau de sucre en cas de léger malaise dû à l’exiguïté des espaces ainsi que pour maintenir au beau fixe une bonne humeur généralisée.

Une histoire recueillie par Sümeyya Mengel, éditée par Maëly Monseur et publiée par Laura Hoebeke et Fanny Pluymers.

 

Marc VANESSE

Rejoignant l’Université de Liège en 2008, Marc Vanesse est aujourd’hui la figure emblématique de la filière journalistique du Département Médias, Culture et Communication. Spécialisé en journalisme d’investigation et déontologie de l’information, cet ancien professionnel prône une pratique active de la part de ses étudiant·e·s. À côté de l’enseignement, ce mordu de l’actualité politique et économique est investi dans plusieurs domaines. Il a notamment travaillé à la RTBF et au journal Le Soir. 📷 www.upmc.be

Lors du bicentenaire de l’Université de Liège, en 2017, le projet Studiobus est lancé. Il s’agit de la toute première semaine d’immersion journalistique. Avec une poignée d’étudiant·es, Marc Vanesse mène l'enquête sur un homme politique à l’époque enseveli sous le scandale Nethys-Publifin.
Par chance, le professeur reçoit un message d’un informateur annonçant que le politicien dîne dans un restaurant à Tilff (région liégeoise) avec un confrère. Il file aussitôt à Tilff avec ses étudiant·es tout en leur expliquant comment s’y prendre une fois qu’ils feront face aux deux politiciens. Mais l’accueil au restaurant est glacial : les deux hommes refusent de discuter, la gérante met l’équipe de tournage dehors.
Marc Vanesse et ses étudiant·es s'installent alors sur un parking des alentours pour tenter une dernière approche. L’échange avec l'homme politique motivant cette enquête reste platonique : il ne répondra pas. Plus réticent, son confrère ira jusqu’à mettre un coup dans la caméra et jeter un micro à terre.
Malgré ces agitations, les étudiants décident de garder le sujet et de monter les images capturées en une séquence pour le Studiobus. Après tout, Marc Vanesse le revendique : la meilleure façon d’apprendre, c’est sur le terrain.
 
Une histoire recueillie par Laura Hoebeke, éditée par Maëly Monseur, et publiée par Laura Hoebeke et Fanny Pluymers.

 

Jeremy HAMERS

Jeremy Hamers est un spécialiste de cinéma documentaire ainsi que de littératie médiatique. Ses cours, sans cesse remis au diapason de l’actualité des arts et des médias, proposent une approche critique des images qui nous entourent. Président de l’U.R. Traverses, ses recherches proposent un regard original sur des objets diversifiés tels que l’œuvre d’Harun Farocki, l’algorithme de YouTube ou encore Hans Magnus Enzensberger. Il a d’ailleurs récemment co-dirigé un ouvrage sur un célèbre texte de celui-ci, « Jeu de construction pour une théorie des médias ». 📷 J-L Wertz

 

En période de confinement, M. Hamers dispense son cours de Cinéma et vidéo documentaires par visioconférence. Durant une de ses séances, il est soudain éjecté de la session mais ne s'en rend pas immédiatement compte, parlant ainsi pendant plusieurs minutes à un auditoire virtuel qui ne l'entend plus, avant d'être interpellé par le silence de son audience. Lorsqu’il parvient enfin à se reconnecter à sa propre séance de cours, il découvre qu’un étudiant a transformé la salle virtuelle en un "gigantesque dancefloor", en diffusant un son électro et en mimant de le mixer en direct. Les autres étudiant.e.s dansent derrière leur webcam et ne se rendent pas compte que leur Professeur est revenu, ce qu'il signale finalement dans le chat par un bref "on reprend?". "J'ai retrouvé dans ce moment cocasse au cœur d'une période pourtant sombre quelque chose qui caractérisait déjà notre département quand j'y suis arrivé en tant qu'étudiant en 1996" explique-t-il: un "léger décalage par rapport au sérieux universitaire, une relation ludique aux savoirs, et la tentation permanente de s'engouffrer dans les moindres brèches des dispositifs médiatiques."

Une histoire recueillie par Rafaël Van Arkel et publiée par César Xhenceval et Fanny Pluymers.

 

Evelyne LIBENS

Evelyne Libens est secrétaire pour l'Université de Liège depuis 2003. Mais c'est en mai 2004 qu'elle rejoint le Département Médias, Culture et Communications. Depuis, c'est avec sourire, attention et passion qu'elle sait se rendre disponible pour les étudiant·e·s comme le corps enseignant. 📷 Fanny Pluymers

 

Le soir du samedi 21 septembre 2019, le Nickélodeon fête son 25ème anniversaire en grande pompe. Pour l’occasion, les étudiant·e·s du ciné-club, supervisé·e·s par Marc-Emmanuel Mélon, décident de réaliser une projection en plein air, dans la cour intérieure du bâtiment central. Leur objectif est de rendre l’évènement inoubliable. Et pour ce faire, iels ne lésinent pas sur les moyens : popcorn, ambiance lumineuse, buffet de mets faits maison, chapeaux de Charlot ou encore perruques de Marilyn.

Cependant, la réussite de la soirée n'est pas garantie. D'une part, le ciné-club doit encore trouver un bénévole capable de se transformer en projectionniste pour l'occasion. C'est Daniel Kos, technicien dévoué du département, qui endossera merveilleusement ce rôle. D'autre part, la météo doit absolument rester clémente, sans quoi le matériel audiovisuel ne pourra pas être installé en extérieur.

Si cet évènement reste gravé dans la mémoire de Mme Libens trois ans plus tard, c’est parce qu’il a été une véritable réussite. Ce soir-là, accompagnée de son mari et de ses enfants, elle s’installe devant l’écran de ce cinéma éphémère. Blottie sous les couvertures, la petite famille découvre "Cinéma Paradiso", un film de Giuseppe Tornatore de 1988. Ce film, selon Mme Libens, était le parfait reflet de ce doux moment, puisqu’il mettait lui-même en scène un cinéma en plein air. Toute la magie de cette soirée mémorable, notre secrétaire la retrouve à la moindre évocation dans les yeux de celles et ceux qui ont eu la chance d'y participer.

Une histoire recueillie par Chloé Olivier et publiée par César Xhenceval.

 

 

Emmanuel CHAPEAU

Anciennement diplômé de notre département dans le domaine des arts du spectacle et de la communication en 2000, Emmanuel Chapeau effectue la plupart de ses recherches en didactique, en tant que scientifique rattaché à l’unité de recherche DIDACTIfen. Il s’intéresse tout particulièrement à l’intégration du numérique en classe selon les principes et les valeurs de Célestin Freinet. Il est l'auteur de six ouvrages dédiés à la didactique. 📷 Shapnam Mougammadou

 

L’Université, c’est certes beaucoup de travail, mais c’est également beaucoup de souvenirs qui peuvent, parfois, rendre nostalgique. Monsieur Chapeau, chercheur en didactique à l’ULiège revient sur un souvenir marquant de son parcours estudiantin.

En 1998, Emmanuel Chapeau, alors sur les bancs de l’école, assistait à un cours donné par Madame Bajomée, une ancienne enseignante que l’on pourrait qualifier de passionnante et passionnée. Elle avait cette aisance à conter un cours, le rendant tout à fait captivant pour l'entièreté de l'auditoire. M. Chapeau s’en souvient bien : alors que Danielle Bajomée parlait du film « Mort à Venise », celui-ci s’est laissé bercer par la voix et les explications de l’enseignante durant pratiquement deux heures. Deux heures d’analyse, c’est long ; mais deux heures d’analyse par Madame Bajomée, c’est une expérience, un moment suspendu qui plongea M. Chapeau et ses condisciples dans une bulle de bien-être. Un moment marquant pour le chercheur qui, dans des moments de stress, repense à ce souvenir hors-du-temps et apaisant.

Une anecdote recueillie par Lucie Roloux, revue par Maëly Monseur et publiée par César Xhenceval et Fanny Pluymers.

 

317441073 120466347544871 7253837149145369127 nBrice Ramakers dirige le Théâtre Universitaire Royal de Liège avec Alain Chevalier depuis 2018, où il est notamment chargé des aspects liés à la formation : cours, ateliers, stages, animations socioculturelles, etc. Il a initié le « Laboratoire de pratique théâtrale », un espace qui articule création, formation et recherche autour des questions liées au corps de l’acteur et à l’inscription sociale du théâtre en amateur. Dans ce contexte, il donne des ateliers et accompagne les étudiants qui souhaitent se lancer dans un projet de création. 📷 Nessim Gantois

 

Nous sommes à la fin du mois de septembre 2021, le jour de la soirée de rentrée du Théâtre Universitaire Royal de Liège, à 12h00. L’étincelle de joie d’enfin pouvoir réorganiser un événement après des mois de petits et grands confinements vient de s’éteindre. En effet, la Province de Liège rentre un décret provincial à application immédiate : 1m50 doivent être respectés entre les personnes dans tout intérieur. La panique envahit alors Brice Ramakers et son équipe vu que 130 personnes sont inscrites à la soirée, mais que désormais seulement 34 places peuvent être occupées dans les gradins de la salle. Toutefois, une brillante solution légalement festive est rapidement trouvée. Comme l’extérieur n’est soumis à aucune règle, il suffit d'un micro, d'une grande fenêtre ouverte, des guirlandes et de nombreuses chaises pour organiser une soirée restée mémorable. En effet, Monsieur Ramakers, du haut de sa fenêtre, entre l'intérieur et l'extérieur, s'est finalement bien adressé pendant une heure à 34 personnes masquées dans la salle et à 96 autres dans la cour, toutes servies comme il se doit !
 
Une histoire recueillie par Chloé Karbowiak et publiée par Fanny Pluymers et César Xhenceval.

 

Daniel KOS

Daniel Kos est technicien au sein du département Médias, Culture et Communication. D’abord engagé à la RTC où il aide notamment les étudiant·e·s à aboutir leurs projets audiovisuels, il rejoint l’Université de Liège en 1984. Pilier de toujours du LICAM, il aide à résoudre les problèmes techniques que les professeur·e·s rencontrent quotidiennement. 📷 Fanny Pluymers

 

L'histoire du LICAM commence dès la fin des années septante, lors de la création d’une cellule audiovisuelle au sein de laquelle l’émission « Télé-Université » réalisée par les étudiant·e·s et diffusée sur RTC voit le jour. À l’époque, ce sont Claude Piette (diplômé de la section) et Gaston Delcorps (chimiste avec des notions de photographie) aux commandes.

En guise de matériel, les étudiant·e·s disposent d’une Portapack Sony de 8 kg rangée dans une mallette de 20 kg. À l’aube des années quatre-vingt, ce dispositif est une révolution appelé « vidéo légère ». Pour le montage, les étudiant·e·s se rendent à la RTC et reçoivent l’aide de Daniel Kos qui rejoint l’Université en 1984.

Dans les années quatre-vingt, la section déménage au Sart Tilman et Philippe Dubois crée les premiers enseignements sur le cinéma. Afin de professionnaliser les étudiant·e·s, il fusionne la cellule audiovisuelle avec le LEM (Laboratoire d’Enseignement Multimedia) et dote cette nouvelle structure de moyens importants en matériel, locaux, personnel et finances. Ce nouveau centre audiovisuel devient une structure performante au sein de l’Université et promet aux étudiant·e·s un enseignement pratique.

Quelques années plus tard, Marc-Emmanuel Mélon reprend la direction et, avec l’aide de la Présidente de Département Danièle Bajomée, la cellule est rebaptisée LICAM (Laboratoire d’Information et Communication Audiovisuelle et Multimedia) lors du déménagement de la section vers la Place du XX-Août en 1998.

Plusieurs cours d’initiation aux pratiques audiovisuelles sont mis en place et sont dispensés par des professeur·e·s invité·e·s tel·le·s que Jean-Pierre Dardenne, Thierry Michel, Olivier Smolders, Karima Saïdi ou encore Christophe Hermans. À la suite des récents travaux du LICAM, cinq cellules de montage sont créés en face des bureaux des professeur·e·s, permettant des échanges directs et horizontaux avec leurs étudiant·e·s.

Aujourd'hui, les récents travaux de la Grand Poste et du LICAM donnent aux étudiant·e·s un cadre optimal et des outils numériques toujours plus pointus. Deux nouvelles recrues, Fanny Pluymers pour le LICAM et Anicée Dupont pour la Grand Poste, aident les étudiant·e·s à mener leurs projets audiovisuels dans une gaïeté électrique. 

Un historique recueilli par Alix Gerday, édité par Maëly Monseur et publié par César Xhenceval et Fanny Pluymers. 📷 Michel Houet

 

 

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Contact publications : Fanny Pluymers

Contact événement : Anne-Marie D'Acchille et Evelyne Libens

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